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Michel DE CASO
Un nouveau concept artistique : la RECTOVERSION ©
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Présentation
Michel De Caso est né en 1956 à Toulouse. Jusqu'
à l' âge de vingt deux ans son
apprentissage de la peinture est volontairement autodidacte. En 1980, il
monte à Paris où il participe à plusieurs grands salons parisiens. Son
passage en Ile-de-France dure une vingtaine d' années pendant lesquelles,
parallèlement à la visite raisonnée de nombreuses expositions et de musées,
il ressent la nécessité d' acquérir des connaissances théoriques. Il suit
ainsi plusieurs formations artistiques et reprend notamment des études à
l' âge de 35 ans, à l' Université d' arts plastiques Paris 1, au moment où il
met au point la rectoversion. Il s' installe près de Carcassonne en 2000.
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Peintre-théoricien,
Michel De Caso poursuit depuis 1991 ses recherches
à travers un nouveau courant artistique qu' il nomme la "Rectoversion",
un "art sans dessus-dessous" ...
Le mouvement "Rectoversion, an 10 de l'
an 10.000", créé en mars 2002 par
Michel De Caso et Yves Aubrymore, lance un "appel aux artistes" dont les
démarches créatrices présentent des convergences avec la "Rectoversion".
oeuvredart
" Michel, merci tout d'
abord de cet entretien; le
mot "Rectoversion" exprime à lui seul l' idée
du "recto-verso", mais pouvez-vous nous expliquer brièvement
cet art théorique que vous avez mis au point ! "
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Michel
de Caso


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"A mon tour de vous remercier de me donner la
parole. Pour répondre à votre question, le mieux, me
semble-t-il, est de vous faire un bref historique. Du commencement du
décollement du tableau du mur jusqu' à la "Rectoversion", il m'
a fallu pas moins
de dix ans. Vous comprendrez qu' il n' est pas aisé de résumer cette période en
quelques phrases.
Jusqu'en 1981, j'
ai peint des tableaux monofaces
qui étaient encadrés et accrochés au mur de façon habituelle. J'
ai ressenti
alors la nécessité de supprimer le cadre et de peindre les bords
externes du support, dans la continuité de l' image apparaissant sur le recto.
Ensuite, sans savoir vraiment pourquoi, j' ai commencé à éloigner le tableau du
mur en fixant sur son envers des pattes. Au fur et à mesure que cet éloignement
s' accentuait, l' espace entre le tableau et le mur devenait tel que l' envie de
voir le verso devint évidente. Ainsi, c' est par le mouvement tournant du recto
que la mise à jour du verso a été réalisée. Ceci se passait en 1990, année
durant laquelle j' ai peint plusieurs tableaux "recto-verso". Mais le rapport
bipolaire du recto/verso ne me convenait pas. Je continuai l' investigation
plastique et finis par transpercer au préalable le support avant de le peindre
des deux côtés. La Rectoversion était née. L' aboutissement de ces recherches fut
le prototype de la "Rectoversion" : le "monochrome rectoversé", de facture
strictement minimaliste, étant pour la "Rectoversion" l' équivalent du monochrome
blanc pour la peinture monoface.
Dans notre langue, il n'
existait aucun mot qui
pouvait désigner de façon pertinente cette opération plastique inédite. J'
ai dû
créer le néologisme "Rectoversion" construit sur les mots "recto" et "version".
Il signifie littéralement la "mise en rotation du recto" et
correspond directement au processus plastique que j' ai suivi.
Comme vous le signalez, le mot "Rectoversion"
renvoie à l' expression "recto-verso". En fait, il va bien au-delà mais, sans
doute, l' assimilation de la problématique du "recto-verso" est-elle un préalable
à l' assimilation de celle de la "Rectoversion"? Cela a été du moins mon cas. " |
oeuvredart " Vos
peintures aboutissent à une oeuvre finalement multi-dimensionnelle;
considérez-vous qu' elles demeurent purement picturales ou
qu' elles ouvrent la voie à une sorte de peinture sculpturale
? "
Michel
de Caso " Le bref historique de la réponse précédente vous permet de
comprendre que la "Rectoversion" a été proposée par un peintre. Le processus
créatif a été celui d' un peintre. C' est la rotation du recto du tableau et la
mise à jour du verso qui ont joué les rôles moteurs. La problématique de la
"Rectoversion" n' est ni celle du vide, ni de la sculpture, ni de la
transparence. En outre la "Rectoversion" ne prétend en rien que la peinture soit
morte. Au contraire, elle propose de continuer à peindre comme autrefois mais
sur les deux faces percées.
Le fait que le support soit percé et que des vides soient
présents ne relèvent pas plus d' une intervention de sculpteur que le fait de
préparer un support pour peindre. C' est comme si l' on disait que l'
acte de
broyer les couleurs ne relevait pas de l' acte de peindre, ce qui serait
aberrant. Et bien, préparer le support comme le demande la "Rectoversion",
c' est-à-dire le percer de part en part, soit au cutter, soit à la scie, relève
bien de l' acte de peindre. C' est tout simplement le peintre qui prépare son
support destiné à être peint, dans la plus pure tradition picturale et selon les
règles ancestrales de l'enduction et du ponçage.

L' aspect traditionnel de la peinture "rectoversée" tient
aussi au fait que les deux faces offrent une surface totalement plate,
c' est-à-dire strictement bidimensionnelle. En même temps, son aspect novateur
est dû au fait que les deux faces sont peintes et transpercées. Ce double aspect
de continuité et de rupture picturales provoque un paradoxe que beaucoup ont du
mal à assimiler.
En outre, le fait qu' un tableau "rectoversé" ne soit plus
accroché au mur et que l' on puisse tourner autour ne signifie pas qu'
il s' agit
d' une sculpture. Cela signifie que la "Rectoversion" a coupé le cordon ombilical
qui relie la peinture au mur. Cela remet en cause la notion de tableau conçu
comme une fenêtre ouverte dans le mur dont la logique issue de la Renaissance
continue de marquer les mentalités.
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"L'
éternelle présence "
(peinture
rectoversée)
huile sur panneau de bois ajouré
(vue d' une
seule face) - 60 x 123 cm (X2) 1997-98
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Bien sûr, lors de mes nombreuses expérimentations
plastiques, j' ai oscillé en permanence entre le bidimensionnel et le
tridimensionnel. Mais, depuis la rectoversion, je continue parallèlement de
pratiquer la sculpture et il n' y a plus aucune interférence avec la
"Rectoversion" qui est, pour moi, vraiment de la peinture.
D' ailleurs, si je me dis plus facilement peintre que
plasticien, c' est parce que je ressens une forte filiation à la peinture bien
plus qu' à l' objet plastique. Toutefois, je ne vois aucun inconvénient à me dire
aussi artiste plasticien si l' art plastique est aujourd'hui synonyme de
peinture.
"
oeuvredart " Dans
cette notion de recto-verso, apportez-vous une
dualité à vos oeuvres, en opposant par exemple la
construction (ligne/courbe), l' exécution (couleurs complémentaires,
contraste, lumière,..) ou l' idée qui se dégage
à travers chacune d' elle ? "
| Michel
de Caso

"Fenêtre sur coeur " (peinture
rectoversée)
huile sur panneau de bois ajouré (vue d'
une seule
face) 310 x 153 cm (X2) 1996-97
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" On voit bien que vous êtes aussi un peintre. Effectivement,
même si la "Rectoversion" n' est pas dualiste mais ternaire, il y a des éléments
qui appartiennent à la dualité. En dehors des tout premiers tableaux
rectoversés, qui étaient de facture minimaliste et qui présentaient clairement
un caractère de réversibilité des deux faces, c' est-à-dire que la composition
d' une face était l' inverse de l' autre, la Rectoversion ne fonctionne pas sur le
mode bipolaire. Cependant, une face peut vous apparaître plus lumineuse et plus
apaisante que l' autre.
Dans cette hypothèse, vous l'
associerez plus facilement à
son recto virtuel tandis que celle que vous percevrez plus sombre, plus
douloureuse, vous l' associerez plutôt à son verso virtuel. Pour ma part, je ne
donne aucune indication sur la façon de "lire" un tableau rectoversé. Son recto
virtuel est le côté que le spectateur décidera de considérer comme le recto
virtuel. Même chose pour le verso virtuel.
Cette dualité recto virtuel/verso virtuel peut être exprimée
par des exemples. Il m' est arrivé d' un côté de dessiner une tête vu d'
en dessous
alors que de l' autre côté, j' ai dessiné une tête vue d'
en dessus ("on nous
regarde, assurément..."). Autre exemple, un oiseau est vu de face d'
un côté
alors que de l' autre côté, il est vu de dos ("le bon, la brute et
le..."). Là, il y a un rapport dual certain.
Au niveau des coloris et du graphisme, il y a aussi un
rapport de dualité. Souvent un côté est plus doux, plus sensuel que l'
autre. En
fait, je n' ai jamais envie de faire deux côtés identiques, qui seraient deux
rectos collés l' un contre l' autre. Je fais toujours en sorte qu' un côté soit
plus "dur" que l' autre. Mais il a pu arriver que le côté que je sentais comme le
verso virtuel, c' est-à-dire le plus obscur, soit perçu par d'
autres comme le
recto virtuel. " |
oeuvredart " La
rectoversion puise sa source dans l' oeuvre de Marcel Duchamp. En
quoi ce précurseur du Ready-made vous inspire t-il ? "
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Michel
de Caso


"
Chaos "
huile sur toile,
61 x 46 cm, 1983
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" La Rectoversion ne puise pas sa source dans les ready-made de
Marcel Duchamp. Elle reconnaît à cet artiste le caractère visionnaire puisque
encore à ce jour, une grande partie de l' art contemporain officiel souffre de ce
que j' appelle le complexe Marcel Duchamp, en référence directe à ses
ready-made.
<< "
La Fontaine" (1917) de Marcel Duchamp, oeuvre
d'art ? Contemporaine ?
Photo Alfred Stieglitz,
1917 - © 2001 Succession Marcel Duchamp, ARS, N.Y. /
ADAGP, Paris.
Si la Rectoversion fait référence aux ready-made de Marcel Duchamp
c' est en fait pour mieux les critiquer puisque la Rectoversion est bien plus
proche d' une peinture de Lascaux que du porte-bouteille ou de l' urinoir de
Duchamp (Fontaine de 1917). Depuis cet urinoir promu au rang d'oeuvre
d'art, l' art contemporain a fait fort en prouvant qu' il pouvait réellement
exposer de la merde avec les fameuses boites à merdes du non moins fameux
Manzoni dans les années soixante. Et puis, Duchamp a écrit : "c'
est le regardeur qui fait le
tableau". La Rectoversion réactualise cette formule en déclarant : " c'
est le
regardeur qui fait le recto." Elle reprend le flambeau là où l'
avait laissé
Duchamp.
Quand Duchamp parlait du "tableau", en fait, il aurait pu écrire "recto
du tableau". Il n' avait pas eu la nécessité de découvrir sur le verso un champ
d' investigation vierge. Le fait qu' un tableau ait eu un recto et un verso semble
avoir étrangement échappé à tout le monde.
Bien sûr, il y a déjà eu des peintures double-faces dans
l' histoire de l' art. Mais leur nombre est très limité et la relation entre le
recto et le verso, ainsi que le questionnement philosophique qui en découle,
n' ont jamais été poussés si loin que dans la Rectoversion."
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oeuvredart " Ce
concept rassemble déjà quelques artistes comme Yves
Aubrymore (1)
(peintre et plasticien français) ou Youssef Satoury
(peintre et plasticien marocain). Avez-vous déjà songé
à des oeuvres de groupe, où la Rectoversion viendrait
finalement rassembler des peintures d' artistes différents
au recto et au verso par exemple ? "
(1) L'artiste Yves
Aubrymore a démissionné du mouvement depuis août
2002
Michel
de Caso " Avec les artistes du mouvement, il y a effectivement des
projets de réalisations d'oeuvres rectoversées ou d' expositions collectives. Le
mouvement n' en est qu' à ses débuts. Chaque artiste y amènera sa sensibilité et
ses propres questionnements. Il s' agit d' un concept objectif mais chaque artiste
va l' accaparer à sa façon. Il est possible que certains le détournent à souhait,
d' autres vont peut-être le déformer. Ce n' est pas grave, c' est le lot de toute
proposition artistique. En la divulguant, il faut accepter qu' elle vous échappe.
C' est un peu pour ça que le site de la Rectoversion originelle est devenu depuis
quelque temps le site de la Rectoversion originale.
C' est une façon de se prémunir de toutes les dérives qui
pourraient intervenir. Quand je parle d' éventuelles dérives, je pense notamment
aux propositions qui consisteraient à associer la "Rectoversion" à
"recto-verso", c' est-à-dire à faire de la Rectoversion une approche strictement
dualiste, ce qu' elle n' est pas.
Un lapsus fréquent consiste aussi à dire ou écrire
Rétroversion à la place de Rectoversion. On sait que la Rétroversion est un
terme médical utilisé pour nommer la position d' un organe basculé en arrière. Or
la Rectoversion n' a rien d' un retour en arrière. Elle propose au contraire une
meilleure adéquation entre les mentalités d' aujourd'hui et nos façons de voir et
de percevoir. Sans rentrer dans les détails, on peut dire que l' on continue de
penser avec une logique née dans une autre époque et notre langage a été
constitué pour une bonne part au XVII° siècle, lors du Grand Siècle. D'
ailleurs,
les mots "recto" et "verso" utilisés pour nommer l'
endroit et l' envers d' un
tableau datent de ce siècle. Ce XVII° siècle a vu la naissance des grandes
Académies, Académie des Lettres, des Sciences, des Arts. Ce n'
est pas par hasard
si le pouvoir d' alors a voulu rationaliser la pensée, les sciences, les arts et
même le langage. Vous aurez compris que cette allusion historique fait référence
au classicisme français.
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"Le mausolée secret "
(peinture rectoversée)
huile sur panneau de bois ajouré (vue d'
une
seule face)
70 x 96 cm (X2) 1996-98
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Figurez-vous que même dans l'
art contemporain le plus "in",
ce classicisme fait encore fureur. Les apparences ont changé mais le fond est le
même. Il est d' ailleurs symptomatique que la Rectoversion soit née en France, le
pays de la culture classique par excellence. Si l' on considère que
l' assimilation de la Rectoversion commence par la reconnaissance du verso,
comment va réagir la culture classique française? L' avenir nous le dira mais
pour l' instant, les décideurs sont plutôt tièdes. Si vous associez à culture
classique les termes symétrie, rectiligne, endroit, droit, clair tandis
que la culture baroque se voit associer les termes asymétrie, curviligne,
envers, courbe, tordu, obscur, gauche, vous comprendrez aisément, en quoi le recto est associé au classique et le verso au
baroque.
Autant vous le
dire de suite, les valeurs masculines sont directement à rapprocher du recto et
les valeurs féminines du verso. Pour parler clairement, la Rectoversion ne
consiste en aucun cas à ériger le verso à la place du recto ou à nier l'
un ou
l' autre. Elle n' a rien d' un système et ne présente pas de caractère fusionnel.
Elle se nourrit au contraire des différences et s' ouvre sur un monde inexploré.
Les références manquent. C' est sa chance et c' est son défi.
Pour les artistes actuels et à venir du nouveau mouvement "Rectoversion, an
10 de l' an 10.000", ils amèneront leur propre perception de la Rectoversion.
Les affinités qu' ils pourront percevoir avec la "Rectoversion" originale
dépendront de chacun. C' est un peu comme pour le Surréalisme quand on compare
les oeuvres de Magritte, Dali, Tanguy, Ernst ou encore Masson ; bien que
toutes soient surréalistes, elles sont quand même différentes les unes des
autres. Il en sera de même pour le mouvement "Rectoversion, an 10 de l'
an
10.000" ; ce sont ses artistes qui vont le construire de l' intérieur, selon
leur créativité et sensibilité.
"
oeuvredart
" Concernant maintenant
votre travail, vos oeuvres semblent être un mélange
d'art à la fois minimaliste (corps africains, couleurs franches
...) et surréaliste (formes en lévitation, idées
empruntées au rêve et à l' illusion ...). Comment définiriez-vous
votre approche artistique ? "
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Michel
de Caso

"crépuscule de la rectitude" huile sur panneau de bois,
tryptique, 250 x 366 cm, 1990 (dernier tableau monoface avant la
rectoversion)
"Le mystère de l'
oreille percée" béton cellulaire sculpté et peint 65
x 37 x 36 cm, 1988 "ça crée...216"
- huile sur toile, 196
x 130 cm, 1990 |
" Sur le site Internet, les peintures et sculptures présentées
sont une sélection qui s' étale sur une vingtaine d' années. En plus, si j'
en
crois les remarques que j' entends, je suis un artiste productif. C' est pourquoi
il y a différentes approches picturales dont chacune correspond à une période.
J' ai expérimenté beaucoup de domaines, abstrait, expressionnisme, surréalisme,
tableaux-reliefs, assemblage, minimalisme, récupération d' objets, etc...
Ceci
dit, depuis 1992 où mon style pictural s' est quelque peu stabilisé, ayant trouvé
dans la construction "rectoversée" la structure qui lui convient, on peut dire
qu' il présente des convergences avec le surréalisme et l' expressionnisme tout en
présentant une forte inspiration métaphysique.
D' ailleurs, les images qui
apparaissent dans mes tableaux ne sont pas des rêves nocturnes mais bien des
rêves éveillés, non maîtrisés. Elles sont l'
équivalent de visions mentales qui
se matérialisent sous le pinceau. Assurément, ma peinture n' est pas réaliste.
Elle puise sa source plus dans la peinture médiévale que dans la filiation
gréco-romaine.
Trois artistes m'
ont particulièrement marqué par leur oeuvres,
étant entendu que je parle du contact à leurs oeuvres originales car aucune
reproduction ne peut véhiculer la "magie" d' une peinture réelle. Matthias
Grünewald et son retable d' Issemheim à Colmar. Les mots sont vains pour exprimer
ce que j' ai ressenti devant la puissance de cette oeuvre, ce microcosme où vous
recevez de plein fouet la chance et le drame d' être un être humain. Vincent
Van Gogh dont certains tableaux à l' expressionnisme torturé avaient la capacité
de m' émouvoir jusqu' à la limite des larmes. Chomo, le peintre de la forêt de
Fontainebleau dont les oeuvres et la démarche artistique teintée de mysticisme
authentique m' ont marqué à jamais. J' habitais non loin de son "village" et
j' étais allé lui rendre visite à plusieurs reprises.
J' ai rencontré d' autres artistes sincères dans leurs
démarches mais je ne peux les citer tous. Ils sont bien plus rares qu'
on ne le
dit mais bien plus nombreux qu' on ne le croit (ceci est une pensée
"rectoversée" type).
Il est dommage que l' on mette en avant l'
opportunisme comme
valeur première alors que l' authenticité artistique me semble être
la première
qualité que devrait posséder l' artiste. Mentir aux autres, pour un artiste, ce
n' est pas le plus grave.
Le pire qui puisse arriver à un artiste, c'
est de se
mentir à lui-même. Cette remarque est d' ailleurs applicable à tout être
humain."
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Propos recueillis par Eric Vançon
(artistOrama.com © avril 2002) pour oeuvredart.com (janvier 2007)
Merci à Michel de Caso
pour sa collaboration et ses encouragements.
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Contact : Michel De Caso - Atelier du Rigou -
11290
Villeneuve-Lès-Montréal Tel / Fax : 33 (0)4 68 76 37
05
E-mail :
sedoac@aol.com
Site :
http://www.rectoversion.com
http://www.oeuvredart.com/de-caso
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